Le choix d'Atataye
Les mains dans la verdure et touche-à-tout depuis... Eh bien toujours en fait ! Oui, l'utilisation de matières ou objets ayant déjà vécu a, à mes yeux, systématiquement ajouté du charme, un cachet, voire une âme à mes réalisations.
Enfant, mes jouets les plus mémorables étaient des objets détournés de leur fonction. Au cours de ma première vie professionnelle, les décors que je concevais étaient à base d'objets et matières en deuxième vie. Cette sensibilité pour faire revivre différemment les choses à toujours été présente tant dans ma vie professionnelle que personnelle ; mon regard depuis longtemps a été porté sur les trésors que peuvent représenter les déchets.
En parallèle, l'environnement, sa beauté, son ingéniosité, sa fragilité, sa protection comme sa destruction ont toujours suscité mon attention. J'ai travaillé chaque année de 2002 à 2014 sur l'opération des "Juniors du Développement Durable" mise en place en 2001 par la Communauté Urbaine de Bordeaux et ayant pour objectif la sensibilisation et l'étude de projet sur le changement climatique, la préservation de la biodiversité, adoption de modes de consommation et de production responsables...
Des idées concernant des changements dans nos façons de produire et de consommer avaient émergés depuis les années 1960 avec par exemple Kenneth E.Boulding, qui exposait dans "L'économie future du vaisseau spatial Terre" sorti en 1966, la nécessité d'une modification des systèmes de productions. Les choses prenant du temps, c'est au début du XXI siècle que le terme d'économie circulaire apparaît vraiment, notamment grâce à Ellen MacArthur, grande navigatrice britannique (record du monde à la voile en solitaire en 2005) qui en 2010 créée la Fondation Ellen MacArthur dont l'objectif, pour un avenir plus durable, est d'amener les entreprises et le public à réfléchir et modifier les systèmes de productions et de consommations. Le concept de base, l'économie circulaire est entendu à l'échelle mondiale.
De la méthode jusque-là généralisée : extraction de matières, transformation, commercialisation, utilisation (plus ou moins longue), et... poubelle. (Hum ! Un peu radicale cette finalité, vous ne trouvez pas ?). C'est ce qui se nomme l'économie linéaire.
Il serait bon d'arriver à ceci : optimiser l'utilisation des ressources, minimiser au maximum le gaspillage, concilier croissance et environnement, avec une empreinte écologique la plus petite possible. Ça, c'est l'économie circulaire.
Nous voilà donc depuis le début du 21e siècle dans l'intention de réutiliser les matières, de recycler, de préserver notre environnement. C'est génial ! Est-ce que cela calme mon impatience ? Les changements sont toujours trop longs à venir pour l'utopiste que je suis, et mon sentiment d'impuissance face à la dégradation environnementale devenait vraiment pesant.
Et alors ? Alors en 2013, j'ai amorcé un virage professionnel ! Ma prochaine activité serait basée, 1, sur l'économie circulaire pour soigner mon mental agité et 2, sur l'artisanat afin de m'éloigner d'une logique systématique capitaliste.
Les petits ruisseaux...